Biographie Laterriere Marc-Pascal
LATERRIÈRE, MARC-PASCAL DE SALES, médecin,
seigneur et homme politique, né à Baie-du-Febvre (Baieville, comté de Yamaska)
le 25 mars 1792, fils de Pierre Fabre*, dit Laterrière, et de
Catherine Delzenne ; il épousa Eulalie-Antoinette, fille de Claude
Dénéchaud*, dont il eut quatre garçons et deux filles ; décédé aux
Éboulements le 29 mars 1872.
Originaire
du Languedoc, le père de Marc-Pascal se fait appeler Jean-Pierre de Sales
Laterrière, après son arrivée au Canada en 1766. Il pratique la médecine, fait
du commerce et dirige les forges du Saint-Maurice, avant de devenir seigneur
des Éboulements. Soucieux de l’éducation de ses fils, il assure leur entrée au
petit séminaire de Québec. À sa sortie de cette institution, en 1807,
Marc-Pascal entreprend des études médicales à Philadelphie. De retour au Canada
en 1812, il s’installe à Québec et, la guerre venue, il devient chirurgien du 6e
bataillon de la milice du Bas-Canada. Il exerce ensuite sa profession dans la
basse ville de Québec jusqu’à ce qu’il reçoive de sa mère, en 1816, la moitié
de la seigneurie des Éboulements ; il en acquerra la totalité en 1829. Son
manoir est situé dans le comté de Northumberland que Laterrière représente à la
chambre d’Assemblée de 1824 à 1830. Il devient alors député du comté de
Saguenay. Non identifié aux membres du parti bureaucrate, il est plutôt
considéré comme un homme politique sympathique aux revendications du parti
canadien. En 1832, il entre au Conseil législatif et, de 1838 à 1841, il fait
partie du Conseil spécial mais n’assiste à aucune séance.
Laterrière
reste ensuite à l’écart de la vie politique jusqu’en 1845. « Je suis
contre l’Union », explique-t-il à Louis-Hippolyte La Fontaine*, le
29 octobre 1842, « même avec toutes les modifications que la
nécessité arrache aujourd’hui à nos ennemis ». Il n’a pas foi « en
cette justice problématique » que le leader francophone cherche à
instaurer. Nonobstant son opposition au régime de l’Union, il retourne dans
l’arène politique en 1845, comme député du comté de Saguenay. Les débats sur le
régime seigneurial peuvent l’inciter à prendre cette décision. En 1851, il
siège au comité parlementaire chargé de définir les modalités d’abolition de la
tenure seigneuriale au Canada-Est. Laterrière délaisse de nouveau la scène
politique de 1854 à 1856. Cette année-là, il est élu conseiller législatif des
Laurentides. Opposé à la Confédération, il se porte candidat aux élections
fédérales de 1867 et subit la défaite.
Laterrière
manifeste moins d’intérêt pour la vie militaire que pour la vie politique. En
1830, il refuse un poste de major dans la milice du Bas-Canada de peur que
l’obéissance due à un supérieur ne mette en danger les « grands
privilèges » inhérents à la profession de médecin. En 1848, il accepte la
tâche d’adjudant général de la milice du Bas-Canada, mais s’en désintéresse
rapidement.
Laterrière
a mené une existence paisible dans sa seigneurie des Éboulements et a joué un
rôle politique plutôt effacé. Les rares sources qui font état de sa carrière
laissent tout de même entrevoir ses convictions nationalistes. Biographies Canada, Jean-Pierre Gagnon
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