Biographie Belliveau Charles



Biographie Belliveau Charles

Voici l'histoire de Charles Belliveau, le père, époux de Marguerite Granger, héros du Pembroke, qui nous est connue grâce à une présentation de Placide Gaudet à Bridgetown N.É., le 18 juillet 1922.

Entre le 14 et le 17 novembre 1755, les bateaux devant servir à la déportation des français-neutres de la rivière Dauphin, arrivèrent devant Annapolis Royal. Manquait à ce rendez-vous le voilier Pembroke et ses provisions. Le Pembroke, qui avait perdu son mât principal cassé lors d'une tempête, atteignit Annapolis Royal qu'à la fin novembre.
Charles Belliveau reçut l'ordre de remplacer ce mât, ce qu'il fit. Lorsque l'ouvrage fut terminé, il demanda à être payé, ce qui provoqua un éclat de rire du capitaine. Charles Belliveau, ayant un tempérament à ne pas se laisser marcher sur les pieds, saisit sa hache de charpentier et menaça de fendre le nouveau mât. Le prix convenu fut payé. Ironie du sort, c'est justement sur le Pembroke que Charles fut embarqué pour la déportation.

La plupart des navires servant à la déportation, étaient des vaisseaux de transport de bétail, modifiés pour une cargaison humaine. La hauteur de chaque pont était telle qu'il était impossible de s'y tenir debout. Le nombre de passager empêchait que tous puissent s'étendre. La destination était inconnue des prisonniers. L'air y était irrespirable.

Le Pembroke, un voilier de 42 tonneaux, avait à son bord 33 hommes, 37 femmes, 70 fils et 92 filles. Le 8 décembre 1755, le vaisseau quittait l'île-aux-Chèvres à l'embouchure de la rivière Dauphin (aujourd'hui Rivière Annapolis), pour se rendre en Caroline du Nord. Les autres navires du convoi, totalisant 1664 prisonniers acadiens, avaient comme destinations le Massachusetts, le Connecticut, New-York et la Caroline du Sud. Sauf le Pembroke, chaque navire atteignit sa destination. Le Baltimore, un navire de guerre, dirigea le convoi de 7 navires jusqu'à New-York, le reste du trajet devant se faire sans escorte.

Pour éviter la suffocation, à tour de rôle, on permettait à 6 prisonniers acadiens de sortir sur le pont supérieur, pour une vingtaine de minutes. Charles Belliveau planifia une surprise. Il choisit 5 des hommes les plus forts et leur expliqua ce qu'ils devaient faire. Sur le pont supérieur, lorsque l'ordre fut donné de retourner dans la cale, Belliveau et ses 5 compagnons sortirent rapidement. Avant même que l'écoutille fut refermée, un acadien du nom de Beaulieu, ancien capitaine de vaisseau, homme d'une force herculéenne, assomma d'un vigoureux coup de poing, la sentinelle anglaise. Ce fut le signal de la révolte. Les autres vinrent, par l'écoutille restée ouverte, prêter main forte au groupe des six audacieux. En moins de deux, le capitaine et son équipage furent neutralisés.

Charles Belliveau prit en charge le voilier qui vira immédiatement de cap. Le vent étant fort, l'ex-capitaine tenta d'apeurer le nouvel équipage, en criant que le mât principal avait une faiblesse et allait briser. Le malheureux avait oublié que c'était justement ce Charles Belliveau qui avait installé ce nouveau mât.

Plusieurs capitaines acadiens, Fontaine dit Beaulieu, Belliveau et autres, prirent à tour de rôle le gouvernail.

Parti de l'Île-aux-Chèvres le 8 décembre, le Pembroke déchargea sa cargaison humaine au port de Saint-Jean (Nouveau Brunswick) le 8 février 1756.

A peu près au même moment, un navire anglais, flottant un pavillon français dans le but d'approcher et de faire prisonnier les indiens alliés des français de cette baie, avait aperçu le Pembroke. Les acadiens mirent alors feu au vaisseau et remontèrent à pied le fleuve Saint-Jean.

Plusieurs des 32 familles fugitives du Pembroke quittèrent la région, pour se rendre au Québec. Plusieurs moururent en route. La calamité s'acharnât sur ceux qui avaient réussi à atteindre la ville de Québec, car l'épidémie de la petite variole de 1757-1758 décima une grande partie du groupe. C'est cette fièvre qui tua Charles Belliveau en 1758, à la ville de Québec.

Parmi les révoltés du Pembroke, outre Belliveau et Fontaine dit Beaulieu citons Denis Petiteau-Sincenne, Pierre Guilbeau et Charles Mélançon, dont les descendants demeurent aujourd'hui dans la région Lanaudière.

 

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