Biographie Marier Edmond



Biographie Marier Edmond

Le texte suivant a été écrit par M. Ernest Marier, neveu d'Edmond Marier. Il fait partie d'un recueil de souvenirs qu'il a rédigé en 1983. Ce recueil de souvenir est une source inestimable de renseignements, malgré qu'il comporte certaines petites erreurs de noms et de dates. (Le texte a été recopié tel quel, à part quelques corrections de fautes de frappe et un peu de mise en page pour faciliter sa lecture.)

Cliquez ici pour voir l'introduction et le reste du recueil de souvenirs.

 

EDMOND MARIER et LAUDINA FONTAINE

 

Né en 1857, Edmond, de taille moyenne, a été reconnu comme vif et travailleur. Il a réussi à acheter une terre au quatrième rang de Grantham, à demi défrichée, mais bâtie. Edmond améliora les bâtisses et acheta des animaux et des instruments aratoires pour la culture. Il réalisa qu'il lui manquait une femme. On lui conseilla d'aller à St-Guillaume, où il y avait de belles filles, disait-on. Très vif, Edmond alla voir si c'était la vérité. Quelques mois se sont écoulés, et Edmond se maria en 1881 à Laudina Fontaine. Une belle noce. Le soir même, ils entrèrent dans la petite maison qui les attendait. De leur union naquirent dix enfants: Théophita, Anna, Albina, Lydia, Donat, Ovila, Dorilla, Léona, Eva, Yvonne.

Edmond a toujours commercé les animaux, les terres et les bâtisses. Il aimait mieux engager pour les gros travaux, car il savait qu'il n'était pas très robuste. Tante Laudina, qui savait mettre à profit l'argent, se complétait bien avec mon oncle Edmond, pour le bien de la famille.

Comme on avait une famille presqu'exclusivement de filles, on partit pour les États-Unis, là où les filles pourraient gagner leur vie plus facilement. Revenus au Canada, quatre ans plus tard, ils achetèrent une autre terre. Dans l'intervalle, deux filles s'étaient placées.

 

Théophita vient à Montréal pour apprendre le métier de garde-malade qu'elle pratiqua 35 ans, dans les hôpitaux ou en service privé. Fille de petite taille mais très vaillante et bien gaie, elle aimait trouver des défauts aux hommes, car elle était célibataire-née. Elle vint au monde en 1881 et décéda en 1967.

 

Anna, née en l883, fille bien ricaneuse et de bonne taille, a travaillé aux manufactures des Etats-Unis où elle est restée. En 1915, elle se maria à Philippe Grisé, un cousin, grand garçon et bon menuisier, si bien qu'ils sont vite gagné une belle maison. Ils ont eu une belle fille, du nom de Jeannette. Après avoir reçu une bonne instruction, elle entra en communauté et y resta. Elle est allée 25 ans en mission en Afrique, pour revenir malade. Présentement, en 1983, elle est en convalescence dans un hôpital à Woonsocket.

 

Albina, née en 1887, a travaillé quelques années aux manufactures américaines, pour entrer ensuite à Montréal, au noviciat des Soeurs Hospitalières, en 1904. Fille très intelligente et très gaie, elle a occupé de bons postes, avec un grand dévouement. Elle a subi une grosse opération à la gorge et on lui posa un tube. Dans les dernières années, on pouvait la rencontrer dans un parloir, le cloitre étant disparu. Je suis allé à ses funérailles, en 1955, et selon les dires des religieuses, on pourrait l'invoquer.

 

Lydia, née en 1889, a travaillé aux manufactures américaines, avant de revenir au pays avec sa famille. Le père ayant acheté une autre terre, on reprit la vie canadienne. Les jeunes filles qui revenaient des Etats étaient recherchées. Voici que Joseph Bergeron, beau garçon et possédant un bel attelage, se présenta, et, quelques mois après c'était le mariage, en 1914. Elles allèrent rester à côté du père de Joseph, pour l'aider à cultiver. Ce couple ont élevé dix enfants: Jean-Paul, Marcel, Raymond, René, Denise, Lucienne, Jacques, Julien, Thérèse, Marie-Paule.

Joseph est décédé en 1976, et Lydia en 1981, à la suite d'une courte maladie.

Jean-Paul, électricien, travailla une partie de sa vie comme instructeur au pénitencier à St-Vincent-de-Paul.

Marcel, menuisier, est allé aux Etats-Unis. Il s'est marié là et y a élevé sept enfants.

Raymond, agronome et célibataire, s'est beaucoup démené tant pour la classe de cultivateurs qu'il connaissait bien qu'à ses propres parents.

René, comptable, a été engagé à la sortie de l'université par le Conseil de Montréal Nord comme secrétaire. Après 25 ans, il est encore en service. Marié, il a deux enfants.

Denise, religieuse à Montréal. Attachée à sa famille, elle y venait à chaque congé.

Lucienne fit son cours de garde-malade, et depuis plusieurs années, elle s'occupe des achats dans un hôpital. Elle est restée célibataire.

Jacques prit la relève de son père, Cultivateur, il a une très belle ferme. Il est marié, et père d'un enfant.

Julien, fonctionnaire pour le Provincial, s'occupe de poissons et d'oiseaux. Il vit à Québec, en faisant un beau vieux garçon.

Thérèse, garde-malade à l'hôpital de Drummondville, est mariée et mère de quelques enfants.

Marie-Paule, garde-malade å Drummondville, mariée, a un enfant.

 

Donat, né en 1891, travailla sur la terre quelques années, avant de s'en aller aux Etats pour y exercer différents métiers. Comme son père, plein de talent, il s'est amassé une petite fortune, avant de revenir au Canada. Travaillé souvent chez nous, il m'a répété ce que disait l'apôtre St-Paul: "Mariez-vous, vous faites bien. Mariez-vous pas, vous faites encore mieux." Il faut dire qu'oncle Donat était célibataire.

 

Ovila et Dorilla, jumeaux, nés en 1893, décédèrent respectivement à l'âge de deux mois et de trois mois.

 

Léona, née en l895, fit un beau cours d'étude académique et se plaça comme secrétaire en ville. Très jolie et bien gaie, elle avait beaucoup d'amies. En 1916, elle se maria avec Gustave Mercure, fils d'un industriel de Drummondville. Le père de Gustave leur donna une belle maison, et Gustave continua de travailler pour son père. Léona, qui paraissait avoir une bonne santé, décéda en 1921, sans enfant. Grande surprise pour les parents.

 

Eva, née en 1899, fit son cours au Couvent et se prépara à être secrétaire. Elle travailla quelques années et se maria à Robert Alexandre, petit homme, mais très belle voix, assez pour être dans le choeur de chant de l'église St-Frédéric. Eva et Robert sont allés vivre à Sherbrooke ; ils y ont élevé deux garçons : Walter et Marcel.

 

Walter est devenu prêtre séculier et a fait du ministère plusieurs années. Après avoir demeuré dans le Sud des Etats-Unis, il revient en 1982 à Woonsocket, où sa mère a vécu quelques années. Marcel se dirigea vers le travail manuel et se maria. Il s'est noyé quelques années après, laissant deux enfants.

 

Yvonne, née en 1904, était dernier enfant d'Edmond et de Laudina. Née à Central-Falls, elle est venue au Canada à l'âge de trois ans. Fille de moyenne taille, elle avait grand talent qu'elle développa à la classe de tante Anna Marier. Au couvent, elle était presque toujours première de classe. Plus tard, elle entra, jeune, au noviciat d'une communauté de Montréal et y resta dix ans. Pour des raisons personnelles, Yvonne sortit de la Communauté. Une organisation lui demanda de vendre des abonnements; elle accepta. Elle avait un très grand territoire à parcourir. Un jour, lors d'un dîner à l'hôtel de Rivière-du-Loup, un garçon, qui était assis à la table voisine, commença la conversation, et, comme elle était plus parlante que les femmes ordinaires, elle lui répondit. Du même coup, elle réussit à lui vendre un abonnement. Quelques mois plus tard, en 1938 ce fut le mariage avec Pierre Dugal, notaire. Garçon âgé qui attendait de trouver la sienne. Je ne crois pas qu'il eut à regretter l'achat de son abonnement car Yvonne était instruite et très joviale.

De leur union sont nés deux enfants : Yvon et Pierre.

Yvon devenu professeur à Charlesbourg, il est marié. Ils ont une fille qui fait honneur à la grand-mère. Pierre, frappé par une automobile à l'âge de sept ans, est mort sur-le-coup.

Yvonne a vendu sa maison en se gardant un loyer. Grande conteuse d'histoires, elle fait rire bien du monde, particulièrement dans les foyers qu'elle visite. On aime toujours la revoir; autant on est bien reçu, autant on aime la recevoir. On entretient toujours la correspondance, en 1983.

 

Par Ernest Marier

 

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