Biography Mercier Oscar
Oscar MERCIER
(Oscar-Félix MERCIER et Alexina ROLLAND)
1898-1945
Avis de mariage- Mondanités

La Patrie, 12 juillet 1922, p.2
Histoire de l'urologie montréalaise
Jean Charbonneau MD
Conférence prononcée lors du congrès de l'Association canadienne d'urologie tenu à l'hôtel Reine Elisabeth de Montréal et publiée dans l'Union Médicale du Canada, Tome 114, Février 1982, 98-104.
...«Dr Oscar Mercier
Le premier urologue canadien français qui a fait sa marque dans la spécialité, et qui est le père de l'urologie canadienne française, c'est le Dr Oscar Mercier que j'ai eu l'honneur d'avoir comme professeur. Après des études médicales à l'Université de Montréal, le jeune Mercier s'embarqua pour Paris en 1922 et s'inscrivit à la Faculté de médecine. Il devait en recevoir son titre deux ans plus tard. L'un de ses maîtres français conseilla au jeune médecin de se diriger vers la chirurgie de l'appareil urinaire. Il le présenta au grand maître de l'urologie française, le professeur Georges Marions. C'est ainsi que commença, en 1923, dans le service de Marion, la carrière si féconde et beaucoup trop brève du Dr Mercier. Pendant trois ans, il suivit ce grand maître qui lui enseigna tous les secrets de l'urologie, à tel point que, parlant de son élève canadien, Marions disait : "C'est mon meilleur élève." En 1926, le Dr Mercier revient au Canada, entre à l'Hôtel-Dieu, ouvre le premier service d'urologie au Canada Français. Les débuts sont pénibles, mais grâce à la compréhension des religieuses hospitalières de cet Hôtel-Dieu et la confiance de ses confrères d'alors, l'urologie s'individualise et, en 1927, le Dr Mercier a dix lits à sa disposition. En 1928, il devient chef du service d'urologie de la même institution. Son travail acharné, ses publications nombreuses, qui ne se limitent pas pas simplement aux journaux de la métropole mais s'étendent aux revues américaines et au "Journal d'urologie"', lui amènent de bonne heure des collaborateurs dévoués. Des conférences aux différentes associations de praticiens, des présentations de cas intéressants, des résultats heureux lui attirent la sympathie et l'encouragement de la clientèle. De plus, l'exécution apparemment simple et facile de certaines techniques, reconnues jusque là hasardeuses, éveille la curiosité des chercheurs et c'est ainsi que dès le début, le nom de Mercier se répand comme une traînée de poudre et les cadres de son service ne font que grandir. Au bout de quelques années, le nombre de lits s'est multiplié par dix. De partout les malades affluent pour bénéficier des soins compétents du jeune maître déjà grand. La respectueuse considération que lui témoignaient ses collègues anglais, était le fruit de la reconnaissance professionnelle que la valeur scientifique impose. Il leur avait fait comprendre l'importance clinique de l'École française, à tel point, qu'à la moindre réunion à Montréal d'un groupe d'urologues canadiens, ceux-ci. souhaitaient toujours être invités à l'Hôtel-Dieu : ils étaient assurés, en plus d'une cordiale réception, d'un programme technique des plus intéressants. Le traitement chirurgical. des affections des reins en fer à cheval, de l'urétrorraphie circulaire après résection du rétrécissement traumatique, un procédé personnel pour la cure de l'épispadias représentaient pour un grand nombre d'entre eux des nouveautés de première importance. Dans les rencontres à l’ étranger, Mercier jouissait également d'une popularité remarquable. Dans les discussions subséquentes aux présentations de travaux, il était toujours écouté religieusement et il ne craignait pas d'exposer ouvertement son opinion. Et c'est ainsi qu'il devint, par sa compétence. honnête et son mérite personnel, le porte parole des urologues canadiens français. Il fit partie d'un comité de trois membres chargé par le Collège Royal des Chirurgiens du Canada d'étudier les qualifications au certificat de spécialité, et il fut l'un des membres fondateurs de l'Association des urologues canadiens. Il était égale membre actif d'un grand nombre, de sociétés internationales. Comblé d'honneurs, arrivé encore jeune au sommet de la profession, Mercier aurait pu en raison de son épuisant labeur quotidien, ignorer les problèemes de ceux ceux qui le suivaient. Cependant, il nous accueillait toujours favorablement, il nous encourageait à la persévérance même aux moments troublés de notre vie professionnelle. Il a su, par l'exemple, imposer à ceux de son École, une discipline rigoureuse. La ponctualité, la précision et le travail d'équipe lui ont permis de faire de son service un centre comparable à ceux des grands maîtres de notre histoire. Et lorsque la mort est venue le ravir trop prématurément à ceux qui l'entouraient, il avait accompli une tâche formidable. Il laissait à sa famille le nom d'un grand chrétien et d'un grand patriote, à ses successeurs, une responsabilité colossale, celle de maintenir bien haut ce qu'il incarnait aux yeux du continent : l'urologie française. Car il avait gardé pour son maître, le professeur Marion, une fidélité et une affection qui se manifestèrent même durant les sombres jours de la dernière guerre, ayant trouvé le moyen de rester en correspondance avec lui. Les hommes passent, le temps demeure et l'enseignement doit continuer.»...
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suite p.78...

Source: La Patrie 23 septembre 1945, pp.43, 78.
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