Père André Morency, Rédemtoriste
Cette autre contribution à notre bulletin, nous est soumise encore une fois, par Jean-Pierre Bastien de Montréal. Il est l'époux de Lilliane Morency et aussi généalogiste (patronymes Bastien et Morency).
La grande famille Morency est sûrement restée bouche bée mardi le 30 avril dernier, quand l'émission "Le match de la vie" de Claude Charron au réseau TVA, reprenait à son compte, le témoignage de l'émouvant exemple de grande charité chrétienne pratiquée par un des leurs. En effet, l'oeuvre entreprise auprès des laissés pour compte de la société, par le Révérend Père André Morency, c. Ss. R., faisait l'objet du reportage de la semaine.
Pourtant, il y a quelques 15 ans, cet homme alors dans la vingtaine, n'hésitait pas à mettre le pied au derrière des épaves qui traînaient dans son restaurant bar de Shawinigan. Ayant sans doute été témoin de trop d'histoires de malheur engendrées par l'alcool et les drogues, il se retira de son commerce, s'inscrivit à la prêtrise et devint rédemptoriste; afin disait-il de pouvoir un jour, sauver ces miséreux.
L'émission nous le décrit comme un vrai Morency, toujours prêt à aider son prochain. Né il y a 47 ans à Saint-Raymond-de-Portneuf, il est maintenant responsable de la Maison Saint-Alphonse à Limoilou, un refuge pour drogués, alcooliques, sidéens et rejetés qui sont rendus aux profondeurs du malheur… Il les entoure miséricordieusement, leur réserve une oreille sympathique, on le voit oeuvrer tel un pasteur barbu, vêtu beaucoup comme ses "invités", se faire appeler André, servir les repas, voir à leurs besoins, leur ouvrir l'espoir du ciel dans la parole de l'évangile.
Bon sang ne saurait mentir? De fait, André est issu de la grande lignée des Baucher-Morency de Rivière-Trois-Pistoles, dont les historiens affirment en parlant d'Augustin, son fondateur, qu'il était «un homme du type le plus charitable qu'on puisse rencontrer. Toujours prêt, il ne refusait jamais une demande de service, d'ou qu'elle venait» (voir LE BAUCHÉ DIT MORENCY, novembre 1992). Ne retrouvons-nous pas cette bonté chez André?
Si nous remontons d'une autre génération, André descend aussi de Basile-Raphael, de Sainte-Famille, qui était «capitaine de l'armée américaine» lors de l'invasion de Québec, qu'ont manquée les Américains en 1775. Heureusement, sa punition aux mains des autorités canadiennes ne fut que de brûler sa commission de l'armée américaine en public, sur le perron de l'église de SainteFamille, devant les paroissiens assemblés. Qu'un homme de 64 ans s'engage à contre-courant comme l'a fait celui-ci, dénote une bonne dose de volonté et d'indépendance. André tient aussi de cet André, par son esprit de contradiction. Un autre aurait dit «pourquoi m'occuper de ces gens?» Il a plutôt décidé de quitter la vie facile d'aubergiste, pour se vouer à une tâche si ingrate et difficile. André tient tout autant de Basile-Raphael, d' Augustin, que de son père Louis, qui osa quitter le Bas-Saint-Laurent, pour trouver du travail à Saint-Raymondde-Portneuf, puis à Shawinigan, ou il décédait en 1990.
Après un vie consacrée aux négligés de ce monde, André gagnera sûrement son ciel. Qui sait, peut-être verrons nous un jour, un saint parmi les nôtres.
Ascendance du Père André Morency de la Basilique Sainte-Anne-de-Beaupré